Premier prix du Concours international Finale Ligure, Éric Picard est nommé à l’âge de 23 ans Premier violoncelle solo de l’Orchestre de Paris. Conjointement au travail qu’il mène à l’Orchestre de Paris, il assure le poste de Premier violoncelle solo du World Orchestra depuis sept ans et, avec une sensibilité particulière au répertoire contemporain, mène une carrière de soliste et de chambriste sur le plan international. La création en 2002 de l’ensemble Diabolicus concourt à mettre en œuvre des questionnements sur la forme du concert et le métier de musicien, en impliquant des compositeurs contemporains dans le processus de création d’un programme.

 

En soliste, Éric Picard se produit en Serbie (Belgrade, Novi Sad), au Canada, au Japon (Bunka Kaïkan de Tokyo, Osaka, Nagano) au Concertgebouw d’Amsterdam, à la Musikhalle de Hambourg… À Paris, il interprète notamment l’Épiphanie de Caplet, le Concerto de Schumann, Schelomo de Bloch, la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ de Messiaen aux côtés d’Yvonne Loriod, le Triple Concerto de Penderecki en création française et Don Quichotte de Strauss. Ses prestations sous la direction de Marc Soustrot, Christoph von Dohnanyi, Christoph Eschenbach, Kent Nagano ou Wolfgang Sawallish sont unanimement saluées par la critique (« un musicien au goût sûr et personnel, au jeu généreux mais jamais excessif », Le Monde). Marc-André Dalbavie compose actuellement une pièce pour violoncelle seul dédiée à Éric Picard, qui la jouera en création mondiale lors de l’édition 2007 du Festival Messiaen.En musique de chambre, il a pour partenaires Christoph Eschenbach, Philippe Berrod, Florent Boffard, Alain Damiens, Claire Désert, Brigitte Engerer, Hae-Sun Kang, Victoria Mullova, Laurent Naouri, Cédric Tiberghien. Il se produit également avec des solistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin au Suntory Hall de Tokyo. La saison prochaine, il jouera à plusieurs reprises Messagesquisse de Pierre Boulez, et le trio avec piano ainsi que le duo avec clarinette de Pascal Dusapin.Violoncelle solo du World Orchestra depuis 2001, il partage ce poste avec les solistes de l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, de l’Orchestre Symphonique de Londres et de l’Orchestre de la Radio Bavaroise. Il joue ainsi sous la direction de Bernard Haitink, Zubin Mehta et Lorin Maazel, aux côtés des musiciens des orchestres philharmoniques de Berlin, de Vienne, de la Staatskapelle de Dresde ou de l’Orchestre Symphonique de Boston.

 

En 2002, il fonde l’ensemble Diabolicus dont il est directeur artistique. Mu par une réflexion sur la forme du concert, à la recherche de collaborations suivies et engagées dans tout le processus de création d’un programme, il travaille ainsi avec des compositeurs contemporains et des solistes internationaux. Programmé à Barcelone pour l’ouverture de l’exposition Dali (2004), le concert intitulé Une séance de travail surréaliste prélude à d’autres concerts européens, notamment en collaboration avec Dietrich Henschel à Salamanque (Sérénade op. 24 de Schoenberg et transcriptions de Webern). Diabolicus donne également plusieurs concerts au Théâtre du Châtelet aux côtés de Dietrich Henschel (création mondiale des Six pièces pour quintette à cordes et harpe et transcriptions de jobst Liebrecht, Le Chant de la terre dans la version pour orchestre de chambre de Schoenberg et Riehn) puis s’engage dans la conception de deux concerts Mozart avec Menahem Pressler : l’ensemble, s’élargit à trente-cinq musiciens (issus de l’Orchestre de chambre d’Europe, de l’Ensemble InterContemporain, de l’Orchestre de Paris et de l’Orchestre National de France). Les autres programmes de Diabolicus, conçus pour des formations de chambre, ont été créés aux Bouffes du Nord, à l’Opéra Comique ou au Festival d’Aix-en-Provence et comprennent tous une création, commandes ayant été passées à Luis Naon, Martin Matalon, Marc-André Dalbavie et Bruno Mantovani. Pour son dernier projet, Diabolicus a fait appel à Philippe Hersant ainsi que, pour le travail scénique, au chorégraphe Lionel Hoche.

 


 

La discographie d’Éric Picard comprend notamment un disque des trios de Fauré et de Vincent D’Indy ainsi que l’enregistrement de N’Shima de Xénakis récompensé par le Grand prix de l’Académie Charles Cros.

 


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Étudiant au CNSM de Paris dans les classes de Maurice Gendron, de Philippe Muller et de Roland Pidoux, Éric Picard a poursuivi ses études en troisième cycle après avoir obtenu ses Premier prix de violoncelle et de musique de chambre. Dans le même temps, il a notamment travaillé avec Paul Tortelier, Natalia Chakovskaïa, Janos Starker, Boris Pergamenchikov et Siegfried Palm.

 


 

Lorsqu’il est nommé Premier violoncelle solo à l’Orchestre de Paris en 1989, Éric Picard est professeur au Conservatoire national d’Auxerre – un poste qu’il occupe de 1986 à 1992. C’est à l’étranger qu’il poursuit ponctuellement son travail de pédagogue, lors de master classes, au Japon et au Canada (Toronto).